Les 7 commandements du DSI vert
21/12/07 /18:21 Classé dans : Green IT
Faisant suite à différentes considérations sur l'empreinte environnementale de l'industrie IT (voir un post précédent), j'ai eu l'honneur d'être interrogé par l'EBG dans le cadre de la finalisation d'un livre blanc sur les stratégies SI (en ligne ici). La question portait sur les quelques recommandations que l'on pourrait imaginer faire aux DSI / Directeurs Techniques pour leur permettre de s'associer utilement à un projet d'Entreprise éco responsable.
Je note au passage qu'on n'entend encore guère la voix des DSI sur les sujets de responsabilité environnementale en entreprise et c'est bien dommage. D'une part il existe aujourd'hui des mesures simples à prendre (les fameux "quick wins") au sein d'une DSI, d'autre part la dimension Développement Durable des programmes de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) prépare le moyen/long terme. Une opportunité légitime pour le DSI d'être moteur sur un axe stratégique de l'Entreprise, de savoir "lever la tète du guidon" de la gestion quotidienne de son centre de services.
De quoi parle-t-on lorsque l'on débat d'une IT responsable ?
Laissons à part les considérations sur les "SI durables" (i.e. au sens "SI/technologies pérennes" - voir les initiatives des acteurs du logiciel qui, à mon avis, risquent d'entretenir une vraie confusion dans les esprits) même si le sujet pointe sur une vraie préoccupation (RoI des projets, amélioration des relations avec les métiers, politiques de sourcing, etc).
Regardons plutôt, sous un angle pratique, à quels niveaux peut se situer en 2008 la responsabilité environnementale d'un DSI.
A mon avis, il vaut mieux s'y préparer. Voici les 7 commandements du DSI vert (proposition) :
1. Maitriser l'empreinte environnementale des infrastructures IT qui sont de la responsabilité de la DSI. Un focus immédiat est à faire sur les consommations d'énergie, notamment alimentation électrique et climatisation des salles machines. Vrai problème et dont la tendance est préoccupante. Les dépenses d'énergie représentent actuellement environ 10% des budgets de fonctionnement des salles informatiques, et cette proportion monte actuellement en flèche ; on entend de plus en plus souvent qu’ils atteindront 25 à 40% dans les années à venir. En la matière, il y a beaucoup à faire, par exemple :
* Soucions nous de regarder la consommation des configurations hardware (dans leur ensemble) en phase de renouvellement.
* Adoptons les normalisations avancées en matière de consommation lors des phases d'appel d'offres, e.g. la très prochaine déclinaison de la Directive EUP (Ecodesign of Energy Using Products - la « Directive Youpi ») qui entrera en vigueur en septembre 2008.
* Privilégions les technologies (processeurs, disques durs) économes.
* Optimisons la gestion technique de nos centres de données (On entend parfois que dans certains data centers 60 à 80 % de la puissance des serveurs est sous exploitée ou inutilisée. Un sujet déjà ancien comme la virtualisation des serveurs aurait de beaux jours devant lui).
2. Etre force d'imagination et de propositions dans la mise en place et l'adoption par les métiers d'applications économes : instruments de travail collaboratifs, dématérialisation de documents, généralisation des outils communicants en adossant au RoI un paramètre environnemental (par exemple une "économie carbone". C'est simple et parlant). Un autre sujet ou la DSI peut être moteur dans le cadre d’un programme RSE Corporate : le reporting (qui est un vrai sujet).
3. Favoriser la diffusion de bonnes pratiques environnementales (ce qui assez souvent revient à dérouler son bon sens) en interne, qu'elles soient propres à la DSI (e.g. revisiter certains process de production), ou de portée générale mais dans lesquelles le DSI est le prescripteur naturel (e.g. "Savez vous que 75 % de la consommation des écrans provient de périodes de non utilisation ?").
Réaffirmons avec force que "le process c'est gratuit !" et qu'ici gisent quelques intéressants quick wins, qui sont aussi par ailleurs des indicateurs de changement culturel.
4. Intégrer la dimension RSE dans les relations avec ses fournisseurs, ce qui peut vouloir dire regarder sous un angle nouveau les produits et services consommés, prendre le temps de dérouler des rencontres avec ses fournisseurs pour regarder ensemble de quelle façon s’améliorer globalement sur ces sujets.
"J'ai envie de travailler avec des gens sérieux et qui me ressemblent".
C'est aujourd'hui essentiellement le domaine des Acheteurs, ce qui n'est pas forcément la meilleure approche car un peu restrictive.
5. Polluants et recyclage : Revisiter ses pratiques d'achats hardware, rien n'interdit de se pencher en cours d'appel d'offres sur cet aspect du matériel. Il y a toujours au sein d'une DSI une compétence capable de regarder plus précisément la composition du produit et/ou d'analyser la présence de polluants ou d'options de fabrication non éco responsables (e.g. un très fashion terminal multimedia communicant tactile dont il n'est pas prévu que l'on puisse changer la batterie). De plus un travail de notation des industriels des terminaux (Téléphones, micro ordinateurs) a été initié par certaines ONG. Voir notamment le « Guide pour une High Tech responsable » de Greenpeace (qui concerne plus - pour l'instant - les équipements grands public).
6. Prendre en compte dans ses pratiques l'intégration socio économique de l'Entreprise sous-tendue dans les programmes de RSE. Ici le champ est immense et les Collaborateurs de la DSI sont généralement d'excellents prescripteurs : Programme de diffusion de micro ordinateurs amortis, sponsoring ou mécénat de compétences IT, etc.
7. Promouvoir au sein de la DSI des pratiques RH exemplaires, par exemple en terme de formation, de parcours professionnels, d'organisation de la connaissance, mais aussi de volontarisme dans le respect des égalités hommes-femmes, de la non discrimination et de respect des différences.
DSI impliquez-vous sans retenue dans les Programmes RSE de vos entreprises !
Sachez démontrer que performance économique et responsabilité socio-environnementale ne s'opposent pas dans une activité de services comme la votre.
Je note au passage qu'on n'entend encore guère la voix des DSI sur les sujets de responsabilité environnementale en entreprise et c'est bien dommage. D'une part il existe aujourd'hui des mesures simples à prendre (les fameux "quick wins") au sein d'une DSI, d'autre part la dimension Développement Durable des programmes de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) prépare le moyen/long terme. Une opportunité légitime pour le DSI d'être moteur sur un axe stratégique de l'Entreprise, de savoir "lever la tète du guidon" de la gestion quotidienne de son centre de services.
De quoi parle-t-on lorsque l'on débat d'une IT responsable ?
Laissons à part les considérations sur les "SI durables" (i.e. au sens "SI/technologies pérennes" - voir les initiatives des acteurs du logiciel qui, à mon avis, risquent d'entretenir une vraie confusion dans les esprits) même si le sujet pointe sur une vraie préoccupation (RoI des projets, amélioration des relations avec les métiers, politiques de sourcing, etc).
Regardons plutôt, sous un angle pratique, à quels niveaux peut se situer en 2008 la responsabilité environnementale d'un DSI.
A mon avis, il vaut mieux s'y préparer. Voici les 7 commandements du DSI vert (proposition) :
1. Maitriser l'empreinte environnementale des infrastructures IT qui sont de la responsabilité de la DSI. Un focus immédiat est à faire sur les consommations d'énergie, notamment alimentation électrique et climatisation des salles machines. Vrai problème et dont la tendance est préoccupante. Les dépenses d'énergie représentent actuellement environ 10% des budgets de fonctionnement des salles informatiques, et cette proportion monte actuellement en flèche ; on entend de plus en plus souvent qu’ils atteindront 25 à 40% dans les années à venir. En la matière, il y a beaucoup à faire, par exemple :
* Soucions nous de regarder la consommation des configurations hardware (dans leur ensemble) en phase de renouvellement.
* Adoptons les normalisations avancées en matière de consommation lors des phases d'appel d'offres, e.g. la très prochaine déclinaison de la Directive EUP (Ecodesign of Energy Using Products - la « Directive Youpi ») qui entrera en vigueur en septembre 2008.
* Privilégions les technologies (processeurs, disques durs) économes.
* Optimisons la gestion technique de nos centres de données (On entend parfois que dans certains data centers 60 à 80 % de la puissance des serveurs est sous exploitée ou inutilisée. Un sujet déjà ancien comme la virtualisation des serveurs aurait de beaux jours devant lui).
2. Etre force d'imagination et de propositions dans la mise en place et l'adoption par les métiers d'applications économes : instruments de travail collaboratifs, dématérialisation de documents, généralisation des outils communicants en adossant au RoI un paramètre environnemental (par exemple une "économie carbone". C'est simple et parlant). Un autre sujet ou la DSI peut être moteur dans le cadre d’un programme RSE Corporate : le reporting (qui est un vrai sujet).
3. Favoriser la diffusion de bonnes pratiques environnementales (ce qui assez souvent revient à dérouler son bon sens) en interne, qu'elles soient propres à la DSI (e.g. revisiter certains process de production), ou de portée générale mais dans lesquelles le DSI est le prescripteur naturel (e.g. "Savez vous que 75 % de la consommation des écrans provient de périodes de non utilisation ?").
Réaffirmons avec force que "le process c'est gratuit !" et qu'ici gisent quelques intéressants quick wins, qui sont aussi par ailleurs des indicateurs de changement culturel.
4. Intégrer la dimension RSE dans les relations avec ses fournisseurs, ce qui peut vouloir dire regarder sous un angle nouveau les produits et services consommés, prendre le temps de dérouler des rencontres avec ses fournisseurs pour regarder ensemble de quelle façon s’améliorer globalement sur ces sujets.
"J'ai envie de travailler avec des gens sérieux et qui me ressemblent".
C'est aujourd'hui essentiellement le domaine des Acheteurs, ce qui n'est pas forcément la meilleure approche car un peu restrictive.
5. Polluants et recyclage : Revisiter ses pratiques d'achats hardware, rien n'interdit de se pencher en cours d'appel d'offres sur cet aspect du matériel. Il y a toujours au sein d'une DSI une compétence capable de regarder plus précisément la composition du produit et/ou d'analyser la présence de polluants ou d'options de fabrication non éco responsables (e.g. un très fashion terminal multimedia communicant tactile dont il n'est pas prévu que l'on puisse changer la batterie). De plus un travail de notation des industriels des terminaux (Téléphones, micro ordinateurs) a été initié par certaines ONG. Voir notamment le « Guide pour une High Tech responsable » de Greenpeace (qui concerne plus - pour l'instant - les équipements grands public).
6. Prendre en compte dans ses pratiques l'intégration socio économique de l'Entreprise sous-tendue dans les programmes de RSE. Ici le champ est immense et les Collaborateurs de la DSI sont généralement d'excellents prescripteurs : Programme de diffusion de micro ordinateurs amortis, sponsoring ou mécénat de compétences IT, etc.
7. Promouvoir au sein de la DSI des pratiques RH exemplaires, par exemple en terme de formation, de parcours professionnels, d'organisation de la connaissance, mais aussi de volontarisme dans le respect des égalités hommes-femmes, de la non discrimination et de respect des différences.
DSI impliquez-vous sans retenue dans les Programmes RSE de vos entreprises !
Sachez démontrer que performance économique et responsabilité socio-environnementale ne s'opposent pas dans une activité de services comme la votre.
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