Procure IT Fair

Buy IT Fair
Je recommande chaudement le téléchargement et la lecture de la version française du "Buy IT fair", guide pour l'achat d'ordinateurs selon des critères sociaux et environnementaux et destinés aux acheteurs publics, en ligne depuis le 5 janvier sur le site du groupement Procure IT fair . C'est très bien fait, aborde des questions qui sont le plus souvent mal éclairées et c'est de mon point de vue un petit cas d'école sur les imbrications sociales et environnementales de l'acte d'achat.

A lire car clair, structuré et intéressant, y compris si vous n'êtes pas un acheteur public ou que vous n'êtes pas concerné par le Green IT (que l'on devrait définitivement rebaptiser
Fair IT).

Je me faisais trois remarques :

On ne le voit pas assez, mais l'achat public est réellement très bien outillé pour tout ce qui concerne la mise en œuvre de clauses sociales et environnementales dans les marchés de biens mais aussi de services ; et peut-être même beaucoup mieux que le secteur privé, pourtant plus visibles sur les actions de 'développement durable'. A part en B2B, j’ai encore rarement vu de clauses sociales avec ce niveau de profondeur dans un appel d'offres de fournitures informatiques.
 
La communauté "Green IT" française au sein de laquelle règne une joyeuse confusion est encore un peu loin de ce niveau d'analyse et d’instrumentation ; les débats mélangent toujours en revanche allègrement les "éco-vertus" des technologies de l'info-communication avec les impératifs de maitrise de l'empreinte environnementale de la filière et des usages. Le syndrome du cordonnier en quelque sorte. Mais des difficultés avec les impacts sociaux sur les filières de production ; dommage et c'est un décalage par rapport à la cible de la démarche de responsabilité sociale et environnementale d’entreprise.
 
Cas d'école intéressant, car les exigences sociales - et environnementales - portant sur la fabrication de nos outils high tech nous passent encore curieusement un peu au dessus de la tête. La faute au marketing bien sur, mais c'est un paradoxe alors que le prix de ces produits a, comme on dit, une forte élasticité. En clair, nous sommes prêts à les payer très chers, parfois sans avoir de référence de prix, ou même à travers des offres opaques (je pense aux mobiles subventionnés). Mon café est équitable, mon jus d'orange est bio, le coton de ma chemise est traçable, mais mon IPhone, euh... je ne sais pas. Dès lors on peut s'interroger sur l'intérêt pour un constructeur, d'aller prendre le risque d'une délocalisation mal maitrisée pour une économie discutable.
 
Je note enfin que WEED, qui est une ONG Allemande qui a travaillé avec une centrale syndicale et ses relais associatifs anglo saxons, livre ici un document parfaitement adapté aux acheteurs publics français ; en ce sens la préface de Michel Delebarre n'est pas déplacée.